Le 28 septembre dernier, Mickaël Floquet a accueilli sur la ferme du lycée agricole de Saint-Pouange les adhérents du CIVAM de l’Oasis et des visiteurs pour un après-midi de partage et de bonne humeur. Au programme, Assemblée Générale Ordinaire de l’association, Ferme Ouverte DEPHY et pot de l’amitié pour clôturer cette journée. fleche Exploration de la ferme de l’EPL de l’Aube, intégrée dans le réseau DEPHY Ferme. Moutons Mickaël nous a expliqué l’historique de la ferme ainsi que les principaux objectifs de l’exploitation du lycée agricole qui sont de tendre vers une plus grande autonomie alimentaire de l’élevage et de réduire les charges en intrants de la ferme, y compris les produits phytosanitaires. A travers plusieurs dates clés, Mickaël nous a montré l’évolution de la ferme depuis son arrivée en 2003 en tant que directeur d’exploitation. Il a commencé par affiner l’association de l’atelier ovin et culture, puis a agrandie le troupeau ovin et réalisé un travail sur le pâturage des couverts végétaux.Par la suite, la diminution des intrants est allée de paire avec la diminution des grandes cultures remplacées par des prairies temporaires. Depuis 2007, plusieurs changements ont eu lieu au sein du système. Mickael a mis en place en 2014 un système « accéléré » avec trois agnelages en deux ans. Le troupeau bénéficie d’un bon potentiel génétique grâce à une génétique historiquement suivie par l’INRA.

Sous_fleche Augmenter le patûrage : un travail de persuasion PersuasonAu niveau de l’alimentation animale, la part des fourrages et la durée du pâturage ont augmenté entrainant la diminution des achats de concentrés. C’est grâce au développement des partenariats aves différents acteurs que Mickael a pu faire patûrer les brebis. Le premier partenaire fut le parc de Menois à Troyes pour de l’éco-pâturage (les brebis entretiennent le parc). Puis la ville de Saint-Pouange a permis d’avoir des prairies supplémentaires. Grâce à un travail de persuasion par l’exemple, des agriculteurs voisins ont ensuite accepté le pâturage des couverts végétaux. Cette présentation des partenariats a suscité des questions entre agriculteurs sur la circulation des bêtes et le pâturage tournant. La proximité des parcelles facilite les déplacements, et les brebis reconnaissent rapidement leur environnement. Le plus délicat étant de traverser et d’éviter les dégâts sur des cultures qui peuvent être en place.

Sous_fleche Méteil et patûrage tournant paddock se sont effectués avec l’introduction du méteil et le développement des couverts végétaux multi-espèces d’inter-cultures. L’assolement est désormais constitué de 50 % de prairie temporaire et permanente, permettant de valoriser au maximum les agneaux en les mettant le plus possible à l’herbe. Pour leur offrir la meilleure herbe, Mickaël a mis en place un pâturage tournant avec un système de « paddock » ; ainsi différents lots du troupeau les pâture en se relayant sur un certain nombre de jour en fonction des besoins alimentaires et du stade de développement de la pâture. Sous_fleche Une réduction globale des intrants L’amélioration de la situation économique permise par ces changements systémiques ont permis d’embauché un deuxième salarié au sein de la ferme fin 2017. Les prochains projets identifiés sont l’aménagement de haies sur le parcellaire des prairies, pour que les brebis accèdent à de l’ombre, ce dont elles ont fortement manqué plantes cet été. Les participants ont pu découvrir que l’amélioration globale du système a permis d’assurer sa pérennité, de créer de l’emploi, et de réduire les pollutions environnementales, plus particulièrement les produits phytosanitaires (-75% en 10 ans). Moins sensible aux aléas climatiques – même si un travail sur l’augmentation des sécheresses doit continuer-, ce système peut désormais rechercher de la valeur ajoutée sur la valorisation finale, comme les quelques agneaux vendus en circuit court à l’heure actuelle.